Un peu d'histoire

 

La Sologne, terre envoûtante

 

De nombreuses tombelles ont été découvertes ce qui trahi une présence humaine à l'âge de fer. De plus, les noms des villages solognots témoignent d’une origine gauloise. Les  noms des cours d’eau se rapportent  également à des origines celtiques : le Beuvron ( rivière des castors ), Tharonne ( rivière rapide ). Il faut savoir que le Beuvron marquait la frontière entre la région des Carnutes ( Lyonnaise ) et celle des Bituriges ( Aquitaine ).

Ménétréol sur Sauldre/la petite Sauldre

La petite Sauldre

Vers le début du 11e siècle, on comptait beaucoup de clairières habitées. Puis apparurent des hameaux, qui se transformèrent par la suite en villages. Au 12e siècle, sous l'impulsion des moines, les solognots mettrons un peu plus de côté l’agriculture des terres acides peu fertiles pour se tourner vers l’exploitation des cours d’eaux et des étangs. La moitié des terres se trouvent ainsi défrichées à la fin du 13e siècle, la guerre de cent ans et les ennemis anglais apportent leurs lots de changements : Pendant cette période Ménétréol subit 2 pillages anglais et Jeanne d’Arc fait de nombreuses haltes dans la région.

Suite aux conflit avec les Anglais, c'est alors l’âge d’or de la région avec sa prospérité agricole et l’apparition de maisons en bois et torchis. Louis XII, exclu de Blois, prend ses quartiers à Romorantin. Quant à François 1er et Claude, ils y feront leur première rencontre. Elle l’épousera le 15 mai 1514.

Pendant les guerres de religion, des seigneurs protestants trouvent refuge en Sologne, ce qui accentue l’isolement du territoire. L’élevage des moutons prend également une place prépondérante, ce qui favorise l’extension des landes utilisées comme pâturages. La réforme administrative suivant la révolution française voit la région se diviser en 3 départements : le Cher, le Loiret et le Loir-et-Cher.

Mais la pauvreté a refait surface au cours des 17e et 18e siècles. Les habitants se préoccupent moins du drainage des terres, ce qui participe au retour notable des marécages. Le pouvoir en place relègue au second plan ce paysage devenu moins hospitalier. Cependant un personnage illustre va redonner une image positive à ce territoire : Louis-Napoléon Bonaparte. Le futur empereur, alors président de la république, accorde de copieuses subventions à la région. Il faut dire que le dirigeant à des attaches familiales dans les environs et entreprend de vastes travaux d’assainissement, de reboisement et de constructions de fermes expérimentales. Ce qui permet à la communauté de retrouver les joies de la croissance.  

L’arrivée du chemin de fer  vers 1850 achèvera de rendre la région attractive pour les riches industriels. En effet, Orléans, aux portes de la Sologne, voit arriver son premier train en gare dès 1847 !

Désormais les aristocrates font place aux bourgeois. Ces derniers construisent nombre de châteaux, manoirs et autres rendez-vous de chasse, et participent ainsi à l’embellissement du patrimoine local. On délaisse alors l’agriculture et la pisciculture pour faire la part belle à la chasse, activité bien plus rentable ! La densité de population atteint alors son apogée.

Puis au début du 20e siècle, on assiste à un exode rural, amplifié par les ravages de la première guerre mondiale. En 1941, l’Etat de Vichy fixe les limites de la Sologne par un arrêté daté du 17 septembre. C’est la seule région dans ce cas. Dans les années 50, les activités de chasse deviennent  alors incontournables, 2500 gardes veillent à leurs bons déroulements. Les forêts et les champs trahissent cet engouement et sont morcelés en allées. La filière bois, avec la sylviculture, est en plein essor et profite de ces espaces, boisés à 70%.

La campagne solognote peut se diviser en 3 parties distinctes : viticole à l'ouest, la Sologne des étangs au centre, et berrichonne à l'est. Aujourd'hui c'est un territoire de 500 000 ha, dont 12 000 de marais. Un paysage serpenté par 1500 km de chemins ruraux, ou se côtoient plus de 3 200 étangs. Plus de 400 châteaux parcellent son paysage : Chambord, Cheverny, Sully, La Verrerie. 

La Sologne est une terre mystérieuse, dotée d’un patrimoine riche et varié. On peut se laisser envoûter par ses senteurs boisées et le bruit des cours d’eau, ce qui a inspiré plusieurs écrivains de renom : Alain Fournier, Genevoix, Vialar, Marguerite Audoux…..

 

 Un village âgé de 10 siècles !

 

  On retrouve des traces de cette cité en 1020, dont le nom était Monastériolum. Mais la commune changera de nom à plusieurs reprises au fil de son histoire ( Monesterello, Menestreoul, Menestro, .... ). C'était un prieuré, qui était alors dépendant de l'abbaye de St Benoit sur Loire, au moins depuis le 13e siècle. Il n'y a plus de traces du prieuré de nos jours, mis à part l'église. Mais derrière cette dernière, en contrebas en domaine privé, se situe un charmant moulin.

A l'époque, malgré une mauvaise terre, les villageois récoltent les fourrages dans les prés s'étendant le long de la petite Sauldre. Les moines s'emploient également à mettre en valeur ce sol ingrat.

Le village de Ménétréol sur Sauldre est étroitement lié au destin de 2 protagonistes : la commune voisine distante de 11 km, Aubigny sur Nère, et les seigneurs du château de la Faye. En 1189, le roi Philippe Auguste s'empara d'Aubigny et la fortifia en vue de résister aux assauts des voisins anglais. Mais pendant la guerre de cent ans, en 1359 et 1412, ces derniers saccagèrent la ville et ses villages alentours, dont Ménétréol.

Puis en 1571, l'abbaye de St Benoit vendit au seigneur du château de la Faye, Jehan Senecton, ses droits sur la censive de Ménétréol. Cette censive fut transmise d'année en année, d'abord à Fançois Treugnac, ensuite aux seigneurs de Nançay ( un village voisin ), et enfin au comte de Buat.

Jusqu'aux années 1800, les pèlerins venaient se recueillir à la fontaine St Martin. Mais cette dernière fut détruite lors de travaux d'élargissement de la voie. Elle se trouvait au croisement des routes de Presly et Neuvy sur Barangeon.

Il faut savoir qu'à cette époque, la municipalité avait deux entités bien distinctes :

  •   des habitations autour de l'église st-martin
  •   une seconde communauté au bout de la route de Landeroyne, à 8 km. la place comptait une grande ferme, une poterie. Au point que l'on pensait ouvrir une seconde école en ce lieu.

A l'aube du 20e siècle, avant les prémices de la 1ère guerre mondiale, la commune recensait plus de 700 habitants.

 

 

BIBLIOGRAPHIE

Si vous vous intéressez à la Sologne et ses villages, je vous conseille ces ouvrages :

  •  Aubigny sur Nère et ses environs, par A. Buhot de Kersers
  •  Villages de Sologne, par Gérard Bardon, aux  éditions Terroirs de France. Un bien bel ouvrage sur les grandes et petites histoires des villages comme Ménétréol, Clemont, St-Montaine, Presly, ....
  •  La Sologne, de Pierre Aucante, aux éditions Ouest France. Un livre complet sur l'histoire de la région, ses villages, ses châteaux, ses personnages illustres.
  •  Châteaux de la Loire, aux éditions Gallimard. Un excellent guide sur les châteaux de la vallée de la Loire, des régions angevine, tourangelle et solognote.

 

 

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